Ça peut servir d'engrais

Mardi 26 avril 2005

Il s'appelle Nafnaf et il n'aime pas la corrida. Pourtant, tous les jours notre redresseur de torts fait sa corrida sur son blog, banderilles de l'humour à la main, ses admirateurs dans les gradins. Il choisit l'animal au hasard, prend garde à ce que personne ne le fasse entrer dans l'arène puis sort le grand jeu, virevolte face à la foule médusée par ses entrechats, intimidée par l'impression de puissance émanant de ses lignes fluides et racées. Quel homme !

Nafnaf maîtrise la langue des foules : le politiquement correct de proximité teinté de l'effronterie et de l'insolence de l'homme à l'aise en société, l'humour noir qui surfe sur les raz-de-marée médiatiques, le jeu de mots d'érudit en manches de soie et col blanc. Lorsqu'au détour d'une manoeuvre particulièrment audacieuse face au taureau fantôme, il s'emmêle les pinceaux et manque de se vautrer sur les palissades de sécurité, il n'en perd pas sa contenance et sait même se faire plaindre. Car si Nafnaf terrasse en 2 temps, 3 mouvements et distinction tout ce qui a l'heur de ne pas lui plaire, par hasard, car si Nafnaf n'hésite pas à affronter en une seule passe de plume les ombres de 300 000 âmes qui sous sa botte magnifique ont tôt fait d'être mises en déroute d'autant plus vite qu'il avait pris soin de les choisir mortes avant l'assaut, car si Nafnaf, en un mot, est un héros, il n'en est pas moins homme.

Et quand l'homme a peur, il chie dans ses frocs.

Par wa wa
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Lundi 2 mai 2005

Selon Libé, le très sérieux institut londonien de psychiatrie du King's College aurait récemment publié une étude selon laquelle l'abus de mails serait plus dangereux pour la santé mentale que l'abus de haschich ou l'insomnie. Sans rire.

Attention, si vous avez lu cette note jusqu'ici, votre QI a statistiquement baissé d'un point. L'étude ne dit cependant rien de l'influence de l'abus de statistiques ou de revues scientifiques.

Par wa wa
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Vendredi 13 mai 2005
Vulcania, c'est là. Mais si, regardez bien c'est là.

Il y a quelque temps Jean-Philippe faisait une note sur Six Feet Under, remarquable série en 4 saisons, dont la quatrième passe cette année en France. Je ne vais pas en parler ici, Jean-Phi en parle bien mieux que moi. Je dirai simplement que ce qui est remarquable entre autre, c'est la façon dont Allan Ball coscénariste et producteur de Six Feet Under parvient à extraire d'un sujet macabre et morbide une histoire qui ne l'est pas du tout et montre au passage comment la vie peut fleurir en tout endroit, même parmi les morts. Je reviendrai là-dessus dans une prochaine note.

Ce à quoi m'a très récemment fait penser cette série, c'est à un autre monument que l'on pourrait appeler "Six feet under", mais qui est bien de chez nous celui-là. Plus précisément auvergnat. Vulcania, gigantesque musée construit dans le sous-sol du parc naturel régional des volcans d'Auvergne. Mais tout le monde n'est pas Allan Ball. Car pour un monument, Vulcania en est un : 780 millions de francs pièce (2 fois et demi la somme prévue au départ). Tout comme Six Feet Under, Vulcania est un monument entre la vie et la mort : d'abord parce que la veille de l'inauguration officielle la dalle de plafond s'est effondrée manquant de peu d'écraser tout le gratin qui devait venir y faire des ronds de jambe le lendemain, d'autre part parce qu'il accumule un déficit record qui devrait rendre sa survie à long terme problématique...

Ce qui fait que la comparaison entre ces deux feuilletons se transforme vite en la divergence totale de deux trajectoires diamétralement opposées : l'un est parti du trivial de la vie de croquemort pour atteindre les sommets de l'audimat (et de l'art, dirait Jean-Phi), l'autre est parti des sommets de l'état pour s'enfoncer inexorablement dans le lisier arverne. Et c'est probablement un phénomène bien français de vouloir voir très grand dès le départ pour faire des bides à l'arrivée. (Ce sera probablement la vocation de cette note, je suis hélas, bien français).

C'est ainsi que plutôt que de surnommer Vulcania Six Feet Under, il serait bien plus exact de l'appeler Six shits under.

Par wa wa
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Lieux d'aisance

Pour laisser un graffiti, c'est ici.
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  • Prout (MarieToune)

  • Grattez les morpions vous serez gratifiés. (Francine)

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  • Ouvala grotte ?
    [graffiti serbe] ( Haro )

  • ohéééé ( Domrod )

  • ... encore occuppé... fais c... ( Coincoyote 诗歌被写和 )

  • Si vous ne trouvez plus de papier, vous pourrez revenir vous essuyer plus tard. (leblase)

  • Quand la merde vaudra de l'or, les pauvres n'auront plus de trous du cul. (leblase)

  • Quand t'en a plus, appelle moi...(Olbi1)

  • Quand j'en ai pas, c'est qu'il n'y en a plus (Théorie égoïste de la pénurie) (nonox)

  • Veuillez laisser ces lieux dans l'état où vous auriez aimé les trouver (leblase)

  • Cul-te !
    Si mon cul était comme ta gueule, j'aurais honte de chier ! (BMP)

  • On ne dit pas plagiat, on dit homotextuel !

  • Quand le gourou chie, c'est plus cher.

  • Donner la main à un manchot,
    C'est prendre ses ris sur le dos bien.

  • Veuillez trouver les lieux dans l'état où vous aimeriez les laisser. (Raoul)

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