
Je commence à me demander si ces waters ne sont pas hantés.
Jusqu'à il y a une semaine, j'étais un garçon plutôt discret, un peu tourmenté, très timide et maladivement sérieux. J'ai créé mon blog à partir de quelques calembours et comme j'étais pusillanime et passablement impressionné par ce que j'entrevoyais de la blogosphère, j'ai décidé de faire un blog autodérisoire.
Le premier we a été fiévreux. Des tonnes d'idées me passaient par la tête, pour la plupart je n'ai pas encore eu le temps de les mettre en ligne. J'ai passé 3 jours entiers collé au clavier, les yeux rivés sur l'écran, enfermé dans ma tanière. J'ai un peu délaissé pour l'occasion mes deux bambins et leur maman. J'avais le blog au corps. A l'issue de ce premier we enthousiaste, je suis allé pousser la chansonnette chez Sieur Vinvin et pour ne pas déparer à ma nouvelle excréation, j'ai pondu deux ou trois jeux de mots merdiks, comme Homère dit.
Mais lundi matin, au réveil, la fièvre avait changé de nature. Je me sentais angoissé, pris au piège de mon waterlog dont je commençais à entrevoir, que tel un Excalibur moderne, il avait sa propre personnalité, sa propre volonté et sa sale odeur qui colle aux doigts. J'étais entraîné là où je ne voulais pas forcément aller : post après post, commentaire après commentaire, il me fallait entretenir l'unité du tout, filer la métaphore, suivre les cordes et leur théorie autonome et c'était cette expropriation incrémentale et excrémentale (en un mot, fondementale) qui me mettait hors de moi et hors de LUI en même temps. Je ne pouvais plus parler de moi, il me fallait suivre SA logique. Salaud Geek !
Comme en écho à mes préoccupations, quelques jours plus tard, je découvrai stupéfait que waterlog s'était fait des amis. Je fis de mon mieux pour contrer son prosélytisme et remettre dans le droit chemin ceux dont, hier encore, j'admirais l'intégrité et le dévouement à la cause weblogique. Le combat me redonna du coeur à l'ouvrage. L'angoisse s'estompa, le soleil brilla, waterlog caca.
L'assaut laissa quelques mots-rebonds sur le champ de bataille et je crains l'omerta, comme "Ho, ta mère !". Passablement éclopé par cette première passe d'armes, vais-je réussir à arrêter le monstre et à terrasser Waterlog ?
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