
Le hussard cause, le pécore opine. Du chef, bien entendu.
Nous avons passé hier un magnifique dimanche en famille, plein d'aventures et d'enseignements. Un de ces jours où jusqu'aux foudres du Dieu qui veille sur nous, même malgrè nous, ne pouvaient qu'à peine entamer l'élan de félicité qui s'était emparé de la petite famille Wawa.
L'histoire commence un dimanche après-midi alors que maman Wawa propose à sa troupe d'aller profiter du soleil et de la fête médiévale qui animent les rues de la vieille ville de Montferrand. Branle bas de combat dans la maisonnée, la marmaille se déguise : la princesse en princesse, le garnement en chevalier à l'aide d'un sac à patates en guise de cotte de mailles et d'un casque de vélo en guise de heaume. C'est ainsi que l'ost apprêté embarque dans le carrosse familial sur les coup de 16 heures. Quelques minutes plus tard, nous arrivons en vue de la citadelle, las ! L'un des combattants manque à l'appel : notre petit Marco vient de s'endormir. C'est à ce moment précis que tout bascule. Que faire ?
Rachel n'est pas du tout disposée à remettre la bataille, pas plus que Charlotte ou moi, en fait. D'un autre côté, réveiller le petit monstre alors qu'il dort depuis 3 minutes au plus n'est pas par expérience une bonne idée. Le haut commandement décide de couper la poire en deux : nous laisserons dormir le garçon un quart d'heure pendant que nous irons en reconnaissance observer la conformation du terrain et peser les diverses possibilités d'assaut. Chose dite, chose faite.
Un quart d'heure plus tard, satisfait par les premières manoeuvres de mon corps d'armée, je m'asseois à la terrasse d'un bar pour pourvoir au ravitaillement tandis que les femmes s'en vont chercher le guerrier manquant à 100 pas de là. 10 minutes se passent avant que je ne me décide à aller me rendre compte par moi-même de la bonne marche des opérations...
C'est alors que je me rendis compte que nous n'étions que des guerriers de pacotille. Car le spectacle qui s'offrait à ma vue avait de quoi me mettre en déroute : attroupés autour de notre voiture, police, pompiers, passants et perdus au milieu d'eux, Charlotte, Marc et Rachel. Ne vous plaignez pas de la lenteur des services d'ordre : il n'a pas fallu 10 minutes pour qu'alertées par un passant voyant un petit garçon en danger manifeste de mort à l'intérieur d'un véhicule (la preuve, il avait un sac de pommes de terre sur le dos), les-dites forces de l'ordre, police et pompiers, n'interviennent, brisent la vitre arrière de ma voiture, réveillent mon fils, insultent ma femme et terrorisent ma fille. C'est à ce moment que j'arrivai.
A la question "Nom, adresse, papiers d'identités." je répondis en donnant mes papiers et en disant que mes nom et adresse étaient lisibles dessus. A la question "Etes-vous inconscient ?", je répondis que j'allais fort bien tout comme mon fils, merci. A la question "Et s'il lui était arrivé quelque chose ?" je répondis "Ce n'est pas parce que mon pays devient paranoïaque que je dois faire de même.". A la question "Et s'il avait eu une insolation ?" je répondis "C'est chose rare en un quart d'heure dans une voiture à moitié à l'ombre.". Le policier en chef m'annonça qu'il contestait ma version des faits. Je lui rétorquai qu'il pouvait contester sans que ça me dérange mais que pour ma part je me félicitais du zèle et de la rapidité d'action de la police. Comme il ne fallait pas qu'ils se soient tous déplacés pour rien (façon de parler, faut que j'emmène ma voiture au garage), on nous força tout de même à aller aux urgences pédiatriques pour attendre une heure et demi avant qu'une (ravissante, est-ce un propre de ce corps de métier ?) pédiatre vienne constater que Marco se portait comme un charme.
A la sortie des urgences, je demande à la petite famille quelle doit être la suite des évènements. Réponse unanime : "On y retourne !". Sur le chemin, nous croisons les deux policiers qui, non contents d'avoir déjà sauvé la France une fois dans la journée, sont en train d'arraisonner de dangereux malfaiteurs qui ont osé accrocher une remorque à leur voiture.
Alors je vous le demande : que ne fait pas la police ?
Aucune ressemblance avec des faits et des personnages réels ne saurait être fortuite.
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